jeudi 17 juillet 2008

Noces de Toile


Ou

Un billet de pure vengeance auquel Swâmi Petaramesh n'entravera que dalle !

Or donc, Noces de Toile...

La genèse d'une création s'ouvre sur LA toile, qui est à l'étoffe, ce que le croquis est au papier. Un brouillon sur lequel on on teste les volumes, l'ampleur d'un évasé, une coupe hasardeuse.

Elle peut être coupée géométriquement à plat puis montée en toile à patron pour un premier essayage. Mais plus exaltante est la coupe par moulage où l'on travaille la toile sur le corps d'un mannequin (parfois directement sur le client !) jusqu'à obtenir la coupe exacte et précise, le tombé parfait. Un moment à part dans la construction d'un costume, à mi-chemin entre couture et sculpture, extrêmement sensuel. On voudrait presque y aller les yeux fermés, ne voir que par le Toucher le pli disgracieux qu'on lisse de la paume ouverte, le pli voulu que l'on fait rouler sous ses doigts, le drapé qu'on affine. Inconsciemment on retient une seconde sa respiration au moment de donner le petit coup de ciseaux et puis on souffle quand se forme le godet. Tour à tour l'étoffe épouse ou effleure le corps. Il faut trouver l'équilibre des proportions, le nombre d'or instinctif, traquer le centimètre de trop. Seul l'œil ici sait juger de la ligne exacte, de la parfaite équation. Ici elle est bonne, là elle ne l'est plus. Pourquoi ? Parce que...

Au menu de ces épousailles printanières, plis creux rigoureux avec fonds en forme, quilles, découpes verticales sur manche droite, décolleté carré. Les plis sont maintenus fermés en certains points du corsage. Une astuce qui permettait de redonner de l'ampleur en défaisant certains points s'il avait fallu accueillir et mettre en valeur un petit ventre s'arrondissant.

Pour lui, veste tunique ceintrée dont le bas s'évase légèrement. Le détail au milieu de cette ligne épurée, un col châle inversé coupé à même le dos, découvert sur un patron de doublet XVIe siècle. Une allure folle !

Premier essayage parfois frustrant puisque ni matière ni couleur ne sont représentés, mais on corrige, on redonne, reprends, remonte, taille, recoupe, creuse. On approfondit une pince, on bascule, on redessine allègrement une ligne à la mine de plomb. Voire, avec une joie d'enfant bravant un interdit, au STYLO BILLE.

Et puis on démantèlera la toile, on en fera un patron et puis on ne pourra plus reculer, il faudra, d'une paire de ciseaux précise, couper la soie, la laine, le lin pour qu'apparaissent enfin les couleurs sur ces élégants fantômes.

5 commentaires:

  1. Ouaaaaaah ébé c'est bien dommage que je n'ai pas de mariage en vue, té !
    Tant pis, je vais rester en jean...

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  2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  3. Si l'avalanche des billets incompréhensibles du guru a permis de te redonner envie de nous raconter les tissus et ce que tu en fais, alors merci not'Guru et surtout merci mon beau Gabian.
    Là, je comprends tout ce que tu dis.

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  4. Merci de ta visite, Sardine et bienvenue ici :-)

    Pfff, t'façon, avec mes billets semestriels not'Guru tout absorbé par son clavier ne vient même plus ici et rate totalement les spéciales dédicaces dans sa face !

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  5. @ le gabian, on s'en fout du guru, qu'il sèche dans son grenier...!!
    La couture m'a toujours paru un art de l'instant, de l'éphémère, pour quelque chose qu'on doit porter, plus ou moins longtemps!
    C'est sans doute, parceque ça habille du vivant.... Bisous gabian!

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